Le tour des créatrices en Ariège m’amène à pousser la porte de l’Atelier d’Art et Boutique « Chez Milie » situé au 18 rue Joseph Pujol à Saint-Girons. Émilie Passal, artiste plasticienne, s’est installée à Saint-Girons il y a moins d’un an. Tout de suite, je me sens bien dans ce lieu chaleureux où les créations d’Émilie sont disposées un peu partout autour de moi. Il y a également des tableaux d’une artiste qui y sont exposés. En effet, Émilie désire que son lieu puisse accueillir, révéler d’autres univers artistiques.

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Atelier d’Art « Chez Milie »

Pourquoi a t elle choisi un métier en rapport avec la création artisanale ?

« J’ai toujours été dans la création. Après mes études d’arts plastiques, d’arts appliqués à l’université, j’ai pu travailler environ deux années en tant que salariée en arts graphiques. C’est à partir de cette première expérience que j’ai appris la mise en page, la retouche d’images au niveau professionnel. J’ai fait ce travail même si ce n’était pas spécifiquement ma formation initiale. Cela s’est mis en place de cette façon-là et j’ai acquis un peu plus de technicité. Cela m’a permis de m’installer à mon compte il y a  maintenant 18 ans au départ pour des prestations de services en décoration et arts graphiques. Au niveau numérique, je proposais de réaliser des affiches, des dépliants… en mettant en avant déjà des petites scènes avec des personnages de ma réalisation. En parallèle, je proposais également des prestations de services en décoration comme des vitrines commerçantes, des halls d’accueil, des stands…  J’ai donc commencé à mettre la main à la pâte et à créer des personnages pour répondre à ces diverses commandes. Il y a une dizaine d’années, quand j’ ai souhaité créer des sculptures plus librement, je suis partie sur ces animaux qui habitent les objets anciens. C’est un peu le cheminement de mon travail même si l’univers et la technique ont évolué. »

Pourquoi cette matière plutôt qu’une autre ?

« Je ne rentre dans aucune case ou alors je suis assise sur plusieurs chaises (petit éclat de rire). C’est toujours pareil que ce soit au niveau du statut professionnel ou pour qualifier mon travail, ma technique, je suis un peu inqualifiable quoi ! ( éclat de rire ). Je suis quand même toujours plus à l’aise dans le domaine des artistes plasticiens parce que  je fais perdre un peu le côté utilisable, pratique des objets que je détourne : ils ne peuvent plus être utilisés, c’est de la sculpture !

Je suis donc inclassable et c’est pourquoi j’ai participé à l’ouvrage « La Bible de l’art singulier, inclassable & singulier ». J’y ai effectivement toute ma place. Les gens  me découvrant me disent constamment que c’est inattendu et qu’ils n’ont jamais vu cet univers artistique auparavant. Au niveau de la matière, j’utilise une pâte autodurcissante. Cette matière n’a pas le côté noble de la céramique ou certaines matières plus connues. C’est une pâte à base de poudre de bois spécifique pour le modelage, elle sèche à l’air libre. Cette matière est utilisée pour la marionnette, la sculpture, la poupée. Le fait qu’il n’y ait pas de cuisson est bien adapté pour moi. Je travaille directement dans les objets. Je choisis des pâtes qui soient très, très fines. Quand tout est bien sec, je ponce afin d’obtenir une finition lisse, ensuite je peins et j’assemble les différents éléments. Je me qualifie donc d’artiste plasticienne, toutefois pour les journées des Métiers d’Art mon travail artistique rentre techniquement dans la classification fabricant de figurines.

Quelles sont donc tes sources d’inspiration  ?

« Je crée un univers d’animaux anthropomorphes . Les sources d’inspiration sont donc les animaux, la nature et la nature humaine. Mes personnages ont tous une posture humaine. Il y a un côté enfantin dans mes sculptures, on y retrouve l’univers du conte et de la poésie qui m’inspirent. J’ai toujours acheté des livres pour enfants avant d’avoir des enfants. J’ai d’ailleurs un projet de bouquin que je n’arrive pas à avancer ».

 

As-tu des contraintes particulières liées à ton activité ?

« C’est un équilibre à trouver !  Mon travail me demande pas mal d’énergie et je travaille lentement. Je ne produis pas vite ce qui est contraignant pour moi. De plus,

j’ai tendance à me compliquer la vie car la sculpture est délicate à déplacer, fragile, même si heureusement il est rare que j’ai de la casse en exposition.

Vu que ma production sort des sentiers battus, ce n’est pas un travail toujours facile à vendre. Il faut vraiment que je trouve des contextes d’exposition qui correspondent à mon univers. J’ai fait pas mal de tests les premières années. Au fur à mesure j’ai choisi de me concentrer sur les expositions d’artistes plasticiens (parfois spécifiquement d’art singulier), exclusivement en intérieur.

Maintenant le fait d’avoir l’atelier ici à Saint-Girons est tout nouveau. Je prends donc mes repères. Rien n’est simple car l’originalité ne fait pas toujours l’unanimité. »

Pourquoi saint-Girons ?

« Parce que c’est là que j’ai décidé de vivre et d’habiter ! Mes parents s’y sont installés dans les années 70. Ils étaient agriculteurs. J’ai grandi dans une ferme, dans un environnement où il y avait des brebis, ensuite des chèvres… voilà aussi une des raisons de mes créations en rapport avec les animaux. Bien évidemment, je dois bouger pour faire des expos liés à mon travail. L’essentiel est que j’y trouve toujours le plaisir, la passion. »

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Tes aspirations, tes envies ?

« J’ai déjà concrétisé mon projet de l’atelier-boutique il y a moins d’un an. Maintenant, je dois réussir à prendre mes repères dans cet endroit : des cours qui se mettent en place pour la transmission du savoir-faire et réaliser des grandes pièces. Lorsque je vends une grande pièce, c’est un moment de joie de voir qu’une autre personne s’approprie ma création. C’est généralement plus courant d’acquérir une petites pièce qui va trouver sa place plus facilement chez l’acheteur . J’aimerais vendre ici sur place et prendre mon rythme de croisière quitte à faire un peu moins d’expositions à l’extérieur. Il y a aussi mon projet de livres pour enfants, j’ai écrit l’histoire mais le temps me manque pour la réalisation des illustrations en volume. J’y arriverai un jour … ».

Découvrez sa présentation sur le site de L’Escale des créateurs Atelier d’Art Chez Milie

Découvrez le site d’Émilie Passal 

Nader



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